Aujourd’hui encore peu connu du milieu populaire, Townes Van Zandt reste un des plus grands compositeurs et chanteurs folk du siècle dernier.
Depuis ses débuts professionnels avec son album For the Sake of the Song en 1968, Cet homme originaire de Fort Worth au Texas a composé plus d’un dizaine d’albums studio jusqu’à sa mort en 1997.
C’est Lightnin' Hopkins, bluesman texan, ou encore le célèbre Bob Dylan, qui influenceront Van Zant, qui commencera à composer des chansons folk. Ces compositions étaient dès le départ empreintes d’un puissant désespoir et d’une grande tristesse, que le chanteur évoquera tout au long de sa vie à travers ses chansons. Son succès commence en 1968, après la sortie de son premier album, lorsqu’il joue à Houston et est repéré par Mickey Newbury qui lui permettra de signer un gros contrat avec la compagnie de Nashville Poppy.
Ne serait-ce qu’entre 1968 et 1972, Townes enregistra 5 albums, qui démontreront un grand talent mais également la création de chansons qui resteront des classiques du folk et de la country, parfois reprises plus tard par d’autres artistes comme les Tindersticks avec leur version de « Kathleen ». Bien que reconnu dans son univers musical, le succès populaire de TVZ fut limité. Ces limites au succès sont souvent explicitées par ses caractéristiques comme sa voix très particulière ou son caractère et ses habitudes de vie peu communes. Nul besoin pour lui d’auto tune pour continuer ! (Ce produit n’existant d’ailleurs pas à cette époque là…), celui-ci préférera jouer dans des bars au public réduit à 50 personnes plutôt que d’agrandir ses shows dans de grandes salles.
Alcoolique, l’homme passait de longs moments à consommer du whisky, mais également d’autres drogues comme l’héroïne ou le sirop contre la toux. Ces substances sont souvent des sujets traités à travers sa musique, avec des thèmes très sombres comme la mort ou l’addiction tels que dans les chansons « Delta Momma Blues », « Robitussin DM » ou « Waiting Around to Die ».
Le chanteur a aussi des liens étroits avec le monde du cinéma. Townes Van Zandt apparait dans le film documentaire Heartworn Highways, de James Szalapski tourné en 1976. Le film ne sortira officiellement qu’en 1981. Van Zandt faisait alors partie à l’époque des personnages influents de la musique folk et country et du Outlaw mouvement (mouvement dérivé de la country des années 60 et 70), avec d’autres grands noms comme Steve Young, Steve Earl ou encore Guy Clark. Le documentaire nous montre Townes, qui vie dans une vieille caravane, loin du confort des stars de la musique, dans la banlieu d’Austin, avec sa chienne et sa petite amie.
Anecdote de vieux folk man cinéphile :
La chanson « Dead Flowers » issue de l’album live Road Songs, est présente sur la bande originale du très bon film « The Big Lebowski » des frères Coen. Une raison de plus d’apprécier cet artiste unique.
Durant les années 90, Van Zandt enregistrera d’autres albums, dont des lives comme Rain on a Conga Drum: Live in Berlin ou Road Songs et continuera sa tournée à travers le monde. Au printemps 1996, le chanteur est contacté par Sonic Youth ; (Bien qu’inattendu cet appel annonçait une collaboration de l’haut delà entre deux être suprêmes de la musique ! Loin du brouhaha des featurings d’aujourd’hui) ; afin de réaliser un album ensemble. Townes accepte donc cette offre et les sessions d’enregistrements sont prévues pour la fin de l’année à Memphis.
Alors qu’elles sont sur le point de commencer, celui-ci fait une grave chute et se brise la hanche. Contre à l’idée de se faire soigner, Van Zandt préfère rester au calme et boire de l’alcool afin de calmer sa douleur. Quelques jours plus tard, il arrive à Memphis en fauteuil roulant, où il est finalement incapable de jouer ou chanter quoi que se soit, tordu de douleur.
L’enregistrement annulé, Townes n’étant pas apte à enregistrer, il accepte de se faire opérer. Quelques heures après sa sortie prématurée de l’hôpital, le chanteur décède d’une crise cardiaque, affaibli par l’opération, l’alcool et substances médicales.
Townes Van Zandt quittera finalement ce monde à l’âge de 52 ans, à l’instar d’une vie emplie de tristesse mais d’une rare puissance musicale.
Aussi triste que fort, du TVZ à l’état pur.
C'est tout pour aujourd'hui, j'espères que cette ballade en musique vous aura plu. On se retrouve très bientôt pour une nouvelle (re)découverte.
C.B
