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The Wave

La nouvelle vague du webzine musical

La musique vue différemment


Damon Albarn, enfin solo.

Publié par Elodie et Roro sur 24 Avril 2014, 15:09pm

Damon Albarn, enfin solo.

Ca y'est. Il est enfin là, déjà disponible à l'écoute en intégralité sur la majorité des plateformes de streaming de musique. Je veux parler de l'Album solo de Damon Albarn. Autant vous le dire tout de suite pour ceux qui ne le connaissent pas : résumer sa carrière en quelques lignes est inutile, tant son univers est complexe et son style indéfinissable. Albarn va piocher dans tout ce qui se fait et construit sa propre identité, c'est d'ailleurs par cette singularité qu'on reconnaît sa "patte". "Everyday Robots", avec ses 12 titres aux sonorités différentes, apporte un vrai renouveau à la carrière de ce rocker boulimique de travail et un peu schizophrène sur les bords.

Avant de faire la critique de cet album (je soulage tout de suite les fans en confirmant que c'est une belle réussite), attardons nous un peu sur l'artiste en question. Il fait partie de ceux qu'on ne voit pas vieillir. Agé de 46 ans (si, si je vous jure), il a commencé sa carrière musicale en 1988 avec son premier groupe, Seymour, qui deviendra par la suite Blur. Le groupe en question a connu un certain succès dans le monde du rock, notamment grâce à un titre simple, concis, efficace et repris depuis comme modèle par de nombreux artistes : "Song 2" est un classique du rock parce qu'il est aussi diaboliquement simple que génial. Petit cours de rattrapage.

Wohoooo !

Très vite, une certitude se crée dans la tête des fans : Damon Albarn n'est pas un membre de groupe comme les autres, c'est un leader, la tête pensante, un bourreau de travail qui ne s'arrête jamais de composer ou de créer. C'est donc en toute logique qu'il a crée, avec Jamie Hewlett en 1998, un groupe comme aucun autre, entièrement... virtuel. Cette idée au départ folle est en fait géniale : elle permet au "groupe" de s'entourer d'une multitude d'autres artistes aux influences très diverses afin de créer des featuring pensés avant tout comme un univers à part entière. La patte graphique de Hewlett donne corps très vite à cet univers : Gorillaz est né. 3 albums plus tard (plus un enregistré à partir d'un IPAD), le succès se confirme pour Albarn : il a réussi à créer un véritable style visuel et musical que personne ne pourra vraiment copier. Sans compter la masse considérable de titres cultes que Gorillaz a réussi à inventer. Parmi eux, sans doute le plus célèbre : Feel Good Inc. Il révèle à la fois la complexité et la relative simplicité de la recette : des mélodies qui ne ressemblent à rien de connu et des arrangements aux formes multiples (rock, guitare, électro, rap...) Le résultat est certes critiquable, mais il a un sérieux atout dans sa manche : il est unique.

En plus de son travail en tant que chanteur sur "The Good the Bad and the Queen", Blur et Gorillaz, on sent très vite l'intérêt qu'a Albarn de vouloir s'émanciper. Mais après un simple album de démos, il était enfin temps pour lui de se lancer. Le 28 avril prochain, les disquaires connaîtront enfin le résultat de ce travail de longue haleine : c'est "Everyday Robots". Musicien confirmé, Albarn s'est lancé beaucoup de défis avec cet album, dont celui de l'honnêteté, comme il le révélait récemment dans une interview au Figaro. Il a notamment collaboré avec Brian Eno, musicien et producteur illustre (il a notamment travaillé avec David Bowie, Talking Heads ou U2).

Le résultat est sans appel : Ces 12 titres surprennent mais ne lassent jamais. L'album n'a presque aucune unicité : il se mélange et se perd entre reggae, ballade, single pop... Le tout avec une mélancolie et un phrasé qui étonnent, notamment dans toute sa deuxième partie. Ce qui donne lieu à plusieurs ambiances, des sonorités encore une fois multiples et un disque loin, bien loin de la simplicité de la musique dite "mainstream" (si elle existe). Si certains titres sont parfois trop simples comparés à d'autres, qui partent un peu dans tous les sens, c'est assurément l'un des seuls défauts majeurs que l'on pourrait trouver à ce premier véritable essai solo.

On aime pas tous les titres individuellement, mais on adore la prise de risque et l'audace de l'ensemble. Comme avec "Mr Tembo", titre brillant aux sonorités exotiques.

Nostalgie, joie, tristesse... Une palette d'émotions musicales qu'Albarn semble en passe de maîtriser. Et même s'il n'a plus rien à prouver, on admire simplement le fait qu'il essaye encore. Un album à écouter, donc, mais une seule écoute évasive serait un énorme gâchis : vous ne feriez qu'effleurer la surface alors que le fond est pourtant bien plus réjouissant.

R.B

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