Commencer un article par un thème majeur des années 2000, quoi de mieux ? Un truc plus gai, peut-être...
Bienvenue aux petits nouveaux qui nous rejoignent sur The Wave. Dans l'histoire du jour, on parle d'un compositeur japonais devenu une véritable star, jusqu'à ce que...
On veut tellement croire aux légendes, aux faits inventés de toute pièces qu'on arrive encore à être totalement choqué quand on apprend qu'elles n'ont rien de réel. Ce serait sans doute l'une des meilleures phrases possibles pour résumer l'histoire de Mamoru Samuragochi (non, ce n'est pas le nom de l'inventeur du tamagochi, ça n'a rien à voir, Kévin, tu sors!).
Celui qui était considéré encore il y a peu de temps comme le Beethoven des temps modernes est né à Hiroshima (à laquelle il rendra hommage en composant une symphonie, mais on en reparle) et commence à jouer du piano très tôt, dès l'âge de 4 ans. Ce petit Mozart japonais a une autre particularité qui le lie au célèbre compositeur Beethoven ; il dit être totalement sourd depuis l'âge de 35 ans. Il s'est notamment illustré en écrivant les bandes originales de jeux-vidéo célèbres comme Onimusha ou le premier Resident Evil. En voici d'ailleurs un extrait, parce qu'on est comme ça, nous, on donne.
Sombre et torturé, ça colle assez bien à l'ambiance du jeu vidéo culte.
Il a aussi composé une célèbre sonate pour violon mais surtout, comme dit plus haut, une symphonie, intitulée Hiroshima et qui dévoile dans une certaine noirceur un vibrant hommage à la tragédie de la guerre qui a dévasté la ville en août 45 (ça c'était pour le petit rappel historique). Cette symphonie est devenue un vrai symbole musical au JApon, après les évènements tragiques survenus à Fukushima en 2011. Il a même été joué pour la première fois lors d'un sommet du G8 en 2008 !
Mais vous me direz alors : pourquoi l'évoquer maintenant ? Et je vous répondrai que vous avez sûrement vécu dans une grotte ces dernières semaines. Parce que début février, cet honorable autodidacte a défrayé la chronique, dévoilant une immense supercherie : il a déclaré, par le biais de son avocat, qu'il était un imposteur, qui n'avait jamais composé la plupart des musiques qui l'ont rendu célèbre. Plus fort : il a même avoué récemment n'être plus totalement sourd, et pouvoir "entendre certains mots si on les lui disait à l'oreille". Les révélations vont même plus loin : il a embauché un nègre pendant des années, Takashi Niikagi, pour composer à sa place pendant des années. Le dit nègre, qui commençait à le menacer sérieusement de tout révéler à la presse, était en fait un professeur de musique à mi temps ! Samuragochi aurait tenu son petit compositeur attitré en laisse en le menaçant de se suicider s'il disait tout, on comprends aisément pourquoi il a préféré le prendre de court et tout révéler à la presse.
Un imposteur qui acquiert une renommée mondiale et révèle lui même la supercherie, avouez que c'est tout de même peu commun. Un seul autre exemple me revient en tête : un fait divers qui avait fait beaucoup parler en 2005. L'histoire du mal nommé "Piano Man", un jeune homme sans nom, sans identité qui avait été découvert au mois d'avril, hagard, errant près d'un port à Seerness, sur une île au sud de l'Angleterre. Costume sombre, partitions à la main, l'histoire singulière de cet homme déclaré autiste mais virtuose du piano avait ému les anglais, et fait les choux gras des journaux du monde entier.
En fin de compte, piano man n'était ni un virtuose ni un homme sans identité, ni un autiste, ni amnésique. Il a lui même révélé toute la vérité aux psychiatres qui l'ont étudié, fiers de découvrir là un cas pathologique hors du commun. Il ne savait jouer qu'une seule note avec son index droit, était un allemand nommé Andreas Grassl de 20 ans (au moment de sa découverte), un peu paumé. Il a profité à la fois du buzz médiatique pour faire son coming-out et de l'Etat Britannique, au moyen de frais d'hospitalisation impayés qui s'élèveraient à 27 000 euros. Au mois d'août, Grass quitte l'Angleterre et retourne chez lui. Fin de l'histoire ? Si seulement son cas ne ressemblait pas étrangement à celui de James Brighton, jeune homme a qui il était arrivé la même histoire au Québec en 98. Alors, s'était-il inspiré de ce fait divers pour créer sa propre légende ?
On ne le saura probablement jamais. En tout cas une chose reste certaine, si les légendes se font et se défont et que les carrières dans le show-bizz peuvent vous faire passer en un éclair de la lumière à l'ombre, les grands compositeurs qui se déclarent eux même imposteurs, c'est suffisamment rare pour être remarqué. Dixit le chanteur de Boney M, mais là on est dans une autre sphère (j'ai évité le cliché de "c'est une autre histoire", ne me remerciez pas).
A bientôt les amis, continuez de surfer sur la wave !
R.B
En bonus, Raspoutine, de Boney M. TMTC.
Yeaah ça groove ! ^^
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