Re-bienvenue, chers frères et sœurs partisans de la bonne musique, au sein du Temple du Moisi ! Jadis, il fut un temps ou les chanteurs et auteurs de tous les genres de musique à travers le monde réfléchissaient, pensaient en amont à la répercussion qu'un single de merde pourrait avoir sur leur carrière. Un temps ou chaque mot, chaque geste contenu dans un clip ou la promotion d'un artiste était réfléchi, un temps ou le seul but d'un artiste au final était de vendre des disques.
Et voici le parfait contre-exemple de tout ce que je viens de vous dire à l'instant.
Non mais qu'est-ce qu'ils ont fumé, les mecs qui ont écrit les paroles, là ?
Le constat est clair et acté : le moisi existe depuis des temps immémoriaux. Je suis certain que même Mozart, ce grand génie, un jour trop crevé par ses conditions de vie déplorables, a un jour écrit un single totalement pourri, mais que la postérité n'en a retenu que le meilleur. Quand le temple du moisi s'ouvre, autant dire qu'il est impossible de le refermer. Aujourd'hui, intéressons nous donc à quelques clips qu'on connaît tous plus ou moins pour avoir siégé un jour dans les tréfonds de youtube, le côté un peu dark et interdit du web musical. Ils appartiennent à un genre bien particulier qui existe depuis la nuit des temps des années 80, je veux bien sûr parler du Sacro Saint défouloir des jeunes, j'ai nommé le rap (oui, car étant historien du moisi, forcément, je suis obligé d'avoir un peu de recul sur les choses).
Le rap moisi a sa propre légende, ses propres codes, il s'affranchit du bon rap par le flow et l'incarnation que représente son interprète principal. Les 5 énergumènes que vous allez voir dans cette chronique sont le top du top sur la place du moisi, ce qui se fait de mieux en matière de paroles, d'effets et d'interprétation totalement nullarde. Tellement d'ailleurs qu'ils nous font bien rire.
Yaourt aux fruits, yaourt aux fruits, yaourt aux fruits FRUITS !
Mais d'où elle sort la reine des cagoles ? Dis le moi qu'on rigole ! Eh bien ce mélange curieux entre Afida Turner, Nicki Minaj et une tarte aux pacanes est né de l'industrie du X (du temps ou Hugo Brackmard riait encore d'avoir trouvé un nom de scène à son collège, David Moiléboule) sous le nom de Candy B. Le chantre du vulgaire lui a ouvert ses portes : elle est devenue en quelques mois la risée des cagoles qui hésitent entre l'adorer et la prendre pour modèle ou la détester purement et simplement. Et là vous me direz mais pourquoi avoir changé de sobriquet ? Peut être pour rendre hommage à Mona Lisa. M'enfin, il a pris cher, l'idéal féminin de De Vinci, quand même.
Elle se montre sous toutes les coutures dans un clip très chargé mais quand même un peu moins que ce qu'elle s'est fait décharger (oui, tant qu'on est dans la poésie...) à base de blur, effets dégueulasses, et surtout, surtout, d'un refrain accrocheur et sans commune mesure avec le célèbre single de Colonel Reyel (passé au panthéon de la moisitude) : "Coucou bande de nouilles". Ce refrain, entonnons le ensembles, vu que de toute façon y'a plus aucun espoir de rédemption pour cette pauvre Lisa. Yaourt aux Fruits, Yaourt aux fruits FRUIT ! Yoplait et Marc Dorcel se frottent déjà les mains.
Et là je voulais faire une blague salace mais j'ai absolument pas la force de m'infliger ça de nouveau donc je vous fait un rébus avec des mots clef : dorcel, yaourt, liquide blanc, porno, cuillère, tout ça tout ça. Bien à vous.
"Plus d'argent, plus de soucis. Moins d'argent, plus de saucisson". Swagg Man.
Ca pourrait paraître scandaleux qu'un rappeur ose se moquer des MST si son album à sortir en 2014 ne s'appelait pas justement MST pour Musique Sexuellement transmissible (eh ouais, pas con, le gars, eh ouais !).
Bon, concrètement, qu'est ce qu'on a ? Un mec qui ressemble au Pitbull du pauvre sans ce foutu accent espagnol et ces "Uno Dos Tres Cuatro Dalee" absolument insupportables (c'est déjà ça). Il est tatoué de la tête aux pieds, me demandez pas d'analyser ses tatouages je sais déjà que ce sera forcément douteux. Il a choisi lui même son nom (à moins que son responsable marketing soit à ce point cramé à la coke qu'il a cru que ça allait marcher) : SWAGG MAN (me demandez pas pourquoi ça s'écrit avec 2 G et ne lui demandez pas parce que je suis sûr que lui même il ne le sait pas, et par contre demandez lui s'il connaît la véritable définition du mot SWAG, autre que celui que mes bestah sistah utilisent dans la cour pour dire que Kevin est trop beau sans son appareil dentaire et son gros boutard sur le front).
Même si j'en ai fait, ça se passe de commentaire. La ou ca devient carrément stratosphérique, ce n'est pas au niveau du clip qui est somme toute très classique et passe partout (si, si, je vous jure, y'a eu pire en matière d'images) mais déjà la dégaine du mec (il essaie de clasher comme Booba mais il a juste la dégaine de K-maro du bled, déjà que le vrai...) et surtout : LES PAROLES ! PUTAIN CES PAROLES C'EST DE L'OR EN BARRE !
Qu'est-ce que c'est que c'est tass qui veulent m'ajoutey
Elle veulent attraper un-un MST
Swagg Man j'roule en lambo
Ton gars à l'pass navigo
Ma Black-Card est allergique au grec au quick au macdo
T'es là tu fais le beau pendant que j'baise ta go
Vous allez au ciné et vous rentrez en métro
Ton gars est trop laid, moi j'suis beau comme un Bentley
Metro-boulot-dodo, diamants dollars lambo
Ma Black-Card j'l'appelle Ayem elle me dis jamais non
Plus d'argents plus de soucis, moins d'argent plus de saucisson
N'empêche pour Ayem je suis sûr que le gars a raison. ^^ Mais bon, la dernière ligne est quand même mythique quand le saucisson vient s'inviter à la fête. Ben, si tu lis ces quelques lignes, ce post est pour toi.
Surtout qu'après, si vous montez le son et que vous écoutez les coeurs en arrière, vous entendrez à la suite de cette phrase : "Saucisson, sau-saucisson, bâton de berger, on est posey !".
N'en jetez plus, ce type est définitivement promis à un bel avenir dans le grand monde si chaleureux de la moisitude. Bienvenue à toi, Swagg Man, ici personne ne t'en voudra si tu fais de la merde, bien au contraire.
Plus un mot... j'écoute.
Comme tous les mots seraient inutiles, je vous ai transcrit sur ce post les paroles de cette merveilleuse chanson. A noter des valeurs très humanistes, laaargement en faveur de l'égalité des sexes, des images vraiment très bien cadrées, un super montage, et plus d'un million de vues. Ah, ouais, quand même !
Ma bite, ma bite, ma bite, ma bite
Oh ma bite, ma bite, ma bite, ma bite Oh
Né en 85, enfant d’Afrique à Kinshasa
Papa me circoncit, je n’avais pas besoin de djellaba
Car il fait chaud très chaud là bas
Donc je marchais nu dans les rues
Voici j’arrive en France
Je vois des gens qui s’embrassent
A la télé, ça me dépasse
Pour la première fois, ma bite me parle
Bienvenue chez les pétasses (oh yeaaah)
Je redescends en maternelle
Je rencontre la plus belle
D’origine marocaine
Je me dis : faut qu’je la ken
Comme dans le film que j’ai vu hier
Je l’aime aussi, elle m’aime aussi
Mais soudainement, ses copines aussi
A la récréation derrière sous les buissons
On s’est frotti, on s’est frotta
Et tralali, et tralala (ooh-oh yeaah)
Voici, les années passent
Je rencontre la jument
J’ai 10 ans, elle en a 13
Elle est plus âgée que moi
Elle veut goûter au chocolat
Au choco-qui ? Au choco moi !
Au choco quoi ? au chocolat !
Mais pourquoi ? Je ne sais pas.
Refrain
Plus grand, 11 ans, j’arrive au collège
Je suis béni, plus de 60 vierges
C’est maintenant où jamais, faut que j’les dévierge
Pour la première fois j’fais tomber d’la neige
Elles m’ont cherché, elles ont allumé la mèche
Pour la première fois, voici qu’on me lèche
Elle veut être ma meuf, vas-y garde la pêche
Faux cupidon, assied toi sur ma flèche
Voici mon entrée à VDR
Les meufs me reçoivent les jambes en l’air
Un joint de beuh fourni par Joe la Beuh
Elle m’suce la queue, me demande s’il en reste un peu
Y’a pas d’problèmes, je les baise à la queue-leu-leu
Et je vous épargne le reste, vous serez bien assez choqué de l'écouter.
Révoloutionééére frééére
Comme toujours dans ce genre de clip de youtubeur, on retrouve les fraté au début du clip qui discutent, les traditionnels deals de farine en poudre (ah bon ?) et le rappeur de service qui arrive et qui veut changer la face du monde en dénonçant et en critiquant tout. Sauf que là, Cortex la star du web version 0 le fait de manière tellement caricaturale et outrancière que du coup, la dénonciation ne vaut carrément plus rien.
Comme je ne pouvais décemment pas vous laisser sur une note aussi mauvaise, enjaillons nous avec le dernier single de Sébastien Patoche en précisant une info moisie : en 2013, son album "J'emmerde les bobos" a été sacré disque de platine. Preuve qu'aujourd'hui dans le rap comme dans la musique en général comme dans partout ailleurs, on peut faire de la merde qui marche. C'est le panard !
Faut quand même être sacrément fou pour oser aller aussi loin, non ? ;)
