De retour et prêt à surfer sur la vague ! Cette année, nous avons encore eu droit à une bonne grosse dose de cinéma bien spectaculaire et bien con. Entre deux drapeaux américains, deux acteurs qui affolent les petites jupettes, deux trois scènes potables et quelques autres en musique (pas toujours de bon goût), il y a eu l'horreur, qui ne s'est jamais aussi mal portée. A part un Evil Dead sanglant, et quelques films à frissons, pas grand chose à se mettre sous la dent ces derniers temps. Il faudrait, de plus, dire aux compositeurs de films d'horreur qu'ils devraient se creuser un peu plus la cervelle, parce que niveau bande originale, ce n'est que la folie douce.
Cette semaine, en bon fan de genre que je suis, je vous ai sélectionné 5 grands thèmes emblématiques de l'horreur. Alors, certes, vous les connaîtrez sans doute et ne pourrez vous empêcher de les fredonner la tête basse et en fronçant les sourcils pour vous donner un air de psychopate (ce que n'auront jamais à faire Igor et Grichka Bogdanoff).
Alors prenez votre sang et mettez le dans le frigo pour le garder froid, parce que c'est parti pour le grand free son ! (j'apprends qu'on vient de me décerner l'award du jeu de mot perrave).
5) Halloween (ou le seul type au monde qui poursuit ses victimes en marchant).
"Les meilleures choses dans la vie sont les plus simples !" comme disait à son fils le type de la pub St Albray. Et en écoutant ce thème, on ne peut que lui donner raison. 3 notes au piano et une boite à rythme auront suffi à John Carpenter pour effrayer toute une génération. Sorti en 1978, Halloween (vulgairement traduit par la nuit des masques, sans doute par un camé sous acide ou un producteur véreux) est un succès immédiat (plus de 45 millions de bénéfices pour seulement un peu plus de 325 000 dollars de budget !) et reste encore aujourd'hui, avec le type au masque de hoquet et l'autre, là, le pédophile avec les mains crochues et le pull rouge et noir (non, je ne parle pas de Michael Jackson), très célèbre. Composée par le réalisateur lui même, le thème principal a été maintes fois repris, remanié, réorchestré, sans pourtant jamais atteindre la simplicité et l'efficacité du morceau original. Vous ne me croyez pas ? Jugez plutôt !
4) Suspiria ou le film tout en rouge et bleu (comme Oui Oui).
A film légendaire, musique légendaire. Suspiria, réalisé par Dario Argento, est sorti en 1977. Ce véritable chef d'oeuvre du genre, tout en nuances et en couleurs ésotériques, a bénéficié d'un soin tout particulier concernant sa bande originale. Elle a été composée par le groupe Goblin, et ceux qui ont assisté aux projections de sortie du film s'en souviennent encore : cette musique retentissait toujours à fond juste avant la projection, pour "mettre les spectateurs dans l'ambiance du film".
Recherchée certes, entêtante, sans aucun doute. Enervante ? Vous en jugerez. Dans tous les cas, cette bande son intrigue par sa diversité, ses murmures, son ambiance si particulière et unique. Une boîte à musique maléfique, qui tourne en boucle et ne s'arrête jamais, jusqu'a ce que vous aperceviez ces yeux qui vous fixent dans le noir.
Encore aujourd'hui l'un des thèmes musicaux qui m'ont le plus marqué.
3) SAW, (ou la seule saga d'horreur ou le seul méchant qui apparaît dans chaque opus, c'est une PUTAIN DE MARIONNETTE !)
S'il y a bien une chose à retenir dans Saw, c'est ses fins à multiples rebondissements (qui se sont d'ailleurs essoufflées au fil des épisodes jusqu'a atteindre la limite du grotesque), et bien sûr son thème. A cheval entre le thème brutal, symphonique et l'électro bruyante et envahissante, elle symbolise le cliffhanger final de Saw (le premier, qui m'avait quand même bien plus, il faut le dire).
Le thème reste sympa, et on remarquera toujours que dans ce type de film, c'est toujours les musiques les plus simples que l'on retient le mieux (à croire que les producteurs ont raison de prendre la mémoire des spectateurs pour celle d'un poisson rouge... enfin moi je dis ça...).
2) Psychose (ou le seul film ou un fils veut A TOUT PRIX prendre la place de sa mère...).
Attention, ne jamais avoir entendu cette musique ni vu ce film de sa vie serait considéré comme un crime si celui qui l'écoutait n'était pas d'une génération perdue. Un thème absolument légendaire, pour un film qui l'est tout autant, PSYCHOSE d'Alfred Hitchcock.
Un thème tantôt angoissant, tantôt tendre, mais toujours très inspiré. Bon, d'accord, il ne s'agit ici pas vraiment d'un film d'horreur, plutôt d'angoisse. Mais ne pas mettre cette musique dans un top 5 des musiques flippantes aurait été un affront (comme le film sur Hitchcock avec Hopkins, qui, lui, en est bel et bien un, d'affront !).
1) Dead Silence (ou le seul film d'horreur ou la musique est meilleure que le film lui même. Si, si !)
Un homme revient dans sa ville natale pour enquêter sur la mort mystérieuse de sa femme. Au fur et à mesure de ses recherches, il apprend que ce meutre pourrait avoir été commis par le fantôme d'une ventriloque continuant à vivre à travers ses marionnettes... Tel est le pitch de Dead Silence. Qui se rappelle de ce film ? Certes, le twist de fin restait surprenant, mais pour le reste, James Wan ne s'était vraiment pas foulé. On ne peut pas en dire autant en revanche de Charlie Clouser, le compositeur de la bande originale du film, qui me file encore des sueurs froides à chaque fois que je l'écoute.
Pas grand chose à dire sur ce compositeur , si ce n'est qu'il a également à son actif la BO de tous les SAW (oui, même le 6), Underworld et même le générique de l'excellente série horrifique "American Horror Story", et qu'il a aussi été le clavier officiel de Marylin Manson (le type avec un oeil de bouc et une voix de chèvre), Helmet ou David Bowie.
Ce thème là restera sans aucun doute son meilleur, et voilà pourquoi il figure dans ce top 5 à la première place.
Certains crieront sans doute au scandale, et ils n'auront pas tort. En effet, comment oublier la BO grincante du premier Texas Chainsaw Massacre, la comptine pour enfant des Griffes de la Nuit, la sulfureuse symphonie de Basic Instinct, les Tubular Bells de l'Exorciste (le premier, hein, pas les 3 immondes bousasses qui l'ont suivi), et tant d'autres encores (le thème de Carrie au bal du diable ou d'Evil Dead, pour ne citer qu'eux). Bien con serait celui qui n'accepte pas de voir un top 5 comportant une pichenette de changement, quelque chose si ce n'est surprenant, au moins un tantinet innatendu.
C'est sur cette note décevante (comme toujours) que l'on se quitte. Je vous donne rendez vous la semaine prochaine ou on va parler de monstres en tous genres et de petits êtres bleus envahis par une pétasse péroxydée. Car oui, même dans la bande originale de film, il peut y avoir ce genre de mauvaise surprise.
Et en parlant de surprise, j'en ai une dernière pour vous. Je vous laisse sur les quelques notes flippantes et redondantes (encore) de Apparences, un excellent film de Robert Zemeckis avec Harrison Ford et Michelle Pfeiffer (du temps ou l'immonde démon botox ne phagocytait pas son jeu d'acteur), composées par le brillant Jerry Goldsmith a qui j'ai consacré une chronique toute entière, encore visible ici. A la semaine prochaine !
